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  • : Les cahiers des diables bleus
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  • : Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie, d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.
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Saïd et Diana

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Texte Libre

Texte Libre

Image de Dominique par Louis

  Ecrits et dessinés à partir de nos banlieues insoumises toujours en devenir

      Les Cahiers des Diables bleus sont un espace de rêverie d'écriture et d'imaginaire qui vous est offert à toutes et à tous depuis votre demeure douce si vous avez envie de nous en ouvrir la porte.

      Bienvenue à vos p'tits messages tendre ou fous à vos quelques mots grognons du matin écrits vite fait sur le dos d'un ticket de métro à vos histoires tracées sur la vitre buée d'un bistrot, à vos murmures endormis au creux de vos draps complices des poussières de soleil passant par la fenêtre entrouverte...

      Bienvenue à vos fleurs des chantiers coquelicots et myosotis à vos bonds joyeux d'écureuils marquant d'une légère empreinte rousse nos chemins à toutes et à tous. Bienvenue à vos poèmes à vos dessins à vos photos à vos signes familiers que vous confierez à l'aventure très artisanale et marginale des Cahiers diablotins.

      Alors écrivez-nous, écrivez-moi, écrivez-moi, suivez-nous sur le chemin des diables et vous en saurez plus...

 

                                          d.le-boucher@sfr.fr


Notre blog est en lien avec celui
de notiloufoublog 2re illustrateur préféré que vous connaissez et on vous invite à faire un détour pour zyeuter ses images vous en prendrez plein les mirettes ! Alors ne loupez pas cette occase d'être émerveillés c'est pas si courant...

Les aquarelles du blog d'Iloufou l'artiste sans art  sont à déguster à son adresse                   www.iloufou.com  

27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 18:10

 

 

      Y aura plus d'articles sur ce blog désormais... Comme vous pouvez le constater les deux articles que je viens de passer trois heures à découper et à tenter de faire entrer ici sont blanc...

      Comme je ne suis jamais les dictats de personne j'arrête là c'est bon... Ce blog aurait eu dix ans en 2015... Salut et fraternité

27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 18:02
27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 17:53

do bô le secret sort

“ L’hippopotame vit dans l’eau mais il sort pour boire la rosée. ”

      

      Ba la mère en Bamanan se prononce comme Ba le fleuve et les eaux portent dans leur ventre toutes les histoires du fleuve. C’était à un de mes retours d’Afrique… Tripoli… Dakar et le bras du Cap Manuel à la pointe sud avec son bracelet turquoise d’océan… Bamako… Tombouctou… Gao… Mopti… ou ailleurs. C’était au début du mois de juillet le meilleur moment pour mettre les grains dans les trous aux champs du côté de Ségou la ville et son royaume la maîtresse des grands balanzans bleus où j’habitais dans une maison de pêche Bozo sur une île du fleuve Niger. Je n’aurais pas dû quitter mais y avait tous les signaux qui me disaient de revenir. C’était le début de l’hivernage les petits insectes ont viré au rouge et les termites bouffent les tiges de mil et de riz desséchées alors la pluie va se ramener. Alors les épis se dresseront et Kounsouli tête basse comme on dit du gros mil à cause du poids des grains va nourrir les greniers c’est bon les marmites n’auront pas faim. Aouah ! Aouah !

Si le sable a crié ici parce qu’il a tant plu c’est qu’il est temps de partir. Nous autres les voyageurs il nous faut un endroit où revenir déposer les totems témoins de notre errance aux pistes des savanes et entre les arbres huitriers des bolongs tenant terre par les chevelures racines. Une maison de briques ou d’écorce où nous reposer du geste brut de l’arrache qu’on recommence aussi souvent que le lever de l’aube pour les usiniers. Si nous n’avons pas de morts debout chefs de villages et de tribus pas de tisserands de la parole au dedans du corps des grands baobabs nous avons les morts couchés et les tables de pierres des tombes de granit.

Avant que la décadence commence pour les pommiers du verger qui fait friche à fournées d’oiseaux et qu’on entame la chasse aux griots dehors de leur chair d’arbres vivante le lieu de l’enfance et ses royaumes c’était celui‑là. A chacun de mes retours dans la maison familiale dont ma mère laisse les clefs au fond du trou de la pierre du seuil je m’accroupis au rebord de la chambre de Mémé la guetteuse sentinelle obstinée derrière le carreau brumeux. Dès le bout de la rue je devine son visage de veilleuse immobile avec sa peau tissée des scarifications que je retrouve partout. Mémé est une squaw une indienne black qui attend la mort sacrée comme une déesse édentée et furieuse des années à fourbir la sueur ouvrière avec son tambourin et sa canne d’acacia bleu ça va chauffer ! Aouha !

Chez les peuples Dogon le jour du marché est le premier jour de la semaine et le compte y est de cinq cailloux dans la jarre du temps qui nous fait cinq jours à la semaine et revoilà le jour de marché. A chacun de mes retours une fois fait escale à la porte que les petits dieux païens d’ébène gardent de l’absence je raccroche mon hamac dans la pièce vide que la combure folâtre du ciel dénude juste en‑dessous du lucarneau. Ici pas d’odeurs comme y a souvent dans les recoins où les vieux sont restés vieillir longtemps. Mémé elle avait l’odeur de pomme dans sa peau de roseu à force elle a chipé la transparence des émaux anciens les blancs craqués fragiles sur les bûchers sans fin. Ici ça ne sent que les noix roulées du noyer prophète aux nouvelles radieuses par la tribu des écureuils. Je réhabite le royaume pour une nuit que Khonsou le lunatique me met de côté pétillante de mousse argentée. Suspendue je refais la route qu’avec grand‑père Antonin conducteur de locos qui se faufile au milieu des champs de falots violets mille fois nous avons tracée à bord des trains du réseau Nord.

Et le taxi qui m’emporte au mausolée où Mémé sème la pagaille parmi les peuples des oiseaux nocturnes… Aouha ! Aouha ! Aouh ! Aouh !… ne se doute pas des trophées fous et diaboliques que je camouflais au fond des poches de mon vieux cuir. Dire qu’y a toujours eu beaucoup de femmes dans ma vie c’est le rien dire. Mémé et moi on a signé un pacte dont Anubis le chacal qui avait pesé son cœur est le gardien et en poussant le portail grisaille délavé qui m’enfonce au bout des doigts ses petites dents ferraille pointues je vois sa silhouette s’éparpiller en sarabande de gouttes laiteuses. Le cimetière au bout de son chemin de boue fantôme de brume familier qui ne va pas ailleurs servitude des champs de betteraves rosissant la terre est prévenu de notre approche par la troupe des hiboux mes serviteurs. On a allumé en notre honneur une vingtaine de feux follets bienveillants comme des lampes.

A suivre...

16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 02:03

Il a fallu partir... 1 suite

Jardin-des-roses-Damas.jpg

      Quoi qu’il arrive on n’avait pas la crainte de voir le tablier noir à carreaux blancs des tantes se pointer du côté du jardin qu’Antonin avait ensauvagé de touffes d’iris mistigris et turquoise d’océan avec quand même par ici une tête citron d’or rebelle et par là du mousseux à pétales blancs d’Antarctique fripé bleu pâle emmêlées aux lianes des rosiers d’Orient. Les tantes avaient peur des fleurs et les parfums stridents qu’on pouvait y boire les rendaient folles de colère. Elles s’en prenaient toujours à Mado sa mère dont les yeux fixés sur un signe incertain au bout de l’horizon grisaille restaient muets. Elle ignorait tout du drame qui la concernait pourtant et si ça lui venait par un moment où elle aurait été mal habitée elle repoussait aux lointains le désir de fouiller dans cette pièce‑là de l’histoire de la famille son cabinet hanté et ses monstres sourds à cause des cris. Il y avait intérêt à laisser la porte close et le dodelinement mou des reins de Mado qui n’allait pas plus loin dans son sommeil que le bout de l’allée aux iris gris poussiérés de givre comme ses pupilles d’eau vides aveugles en racontait tant sur la malfaisance du clan dont elle était une proie frileuse de cendres.

Grand‑mère Fany à qui elle avait refait un prénom qu’on peut sortir le soir dans les rues à bistrots et qui refusait de répondre son museau pointu de souris exaspéré de poils écrus buté parce qu’elle s’appelait Fanette avait pris le parti des tantes qu’Antonin fixait aux repas de soupe d’un rire silencieux. Comment elle avait réussi à retenir celui qui dévorait plusieurs fois par jour les voies du réseau Nord et passait ses soirées au milieu du tic‑tic‑tic frénétique des machines à coudre à dessiner de mémoire sur la table de la cuisine où il étalait des tronçons de papier calque interminables la motrice et les wagons un à un du Transsibérien où il se trouvait comme chez lui c’était l’impasse.roses.jpg

Mado qui dans le rituel ténébreux des machines à pédale était aussi maladroite de ses doigts de paille que dans la cérémonie de l’épluchage des oignons qu’elle transformait en un trognon blanchâtre grignoté était chargée des courses à la cave où on descendait au creux d’un puits en tournant les marches huilées d’obscur chercher les paniers d’endives et de pommes rainettes les sac de patates et les seaux de charbon. Elle y restait des heures et le tap‑tap‑tap des bûches fendues en petit bois répondait au tic‑tic‑tic au‑dessus comme un écho léger du cœur de la terre.

Mais les travaux domestiques qui l’avaient pliée au rythme saccadé de la petite maison ouvrière du côté des femmes avec le tic‑tic‑tic d’une répétition finale sans spectacle à espérer servaient à dissimuler le trésor commun aux créatures qu’aucun labeur social ne façonne ni ne détourne de leur solitude volée. Mado qui était le symbole frileux de la déchéance et de la proie s’assoyait le soir après avoir torchonné les gamelles de fonte dans l’ombre sautillante d’Antonin dessinateur inquiet  et elle entreprenait la lecture du Courrier Picard que le vieux cheminot rapportait de sa balade matinale et qu’il avait oublié une fois de plus de jeter dans le seau à copeaux pour allumer le feu. Ou bien elle reprenait en dépit du coup d’œil de malédiction des tantes le fil des récits de La Vie du Rail qui faisaient glisser son existence étroite le long des voies immobiles là‑bas.  

 Chemin de fer à Djibouti

Oui c’est bien ça il fallait partir. Antonin s’y était mis d’abord lui qui racontait sitôt que les tantes prenaient le large pour leurs réunions paroissiales et les laissaient naviguer au creux de l’ivresse des liqueurs d’Orient l’épopée du chemin de fer de Bagdad dont on avait posé les premières traverses sous l’Empire Ottoman. Il avait fini par s’étirer de Berlin à Bucarest et par rejoindre Konya en Turquie pour filer jusqu’à Alep Mossoul et Bagdad… et Basra ! ajoutait Antonin en dépliant au milieu du tapis de pétales qui écumaient d’odeur la précieuse carte de ce chantier où les ouvriers cheminots et les pauvres gens des pays traversés avaient échangé les poignées de sel. C’est aussi dans le magazine La Vie du Rail qu’ils l’ont trouvé le tracé du Berlin‑Bagdad colorié et plié comme une carte au trésor qui lui avait fait à l’époustoufle avec ses croquis de motrices et d’images noir et blanc des gares de Saigon Fort de France ou Dakar. 

A suivre... 

Loco bleue

16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 00:00

      Il y a un moment de ça quand Mouamar Kadhafi a été assassiné j'ai commencé à écrire une longue litanie sur la mort des pays d'Afrique et la passion que j'avais de leur histoire la plus ancienne... la première histoire du monde...

      A l'époque tout le monde ou presque s'est réjouit de la destruction de la Libye et de celui qui aurait pu mener l'Afrique hors du chaos avec l'appui d'autres grands Africains et des peuples réunis...

      Je n'ai pas arrêté d'écrire ces récits et je continue d'y apporter des coups de plume avec ce qu'on voit désormais de ce qui était en jeu à l'époque : mettre l'Afrique à la merci de ceux qui finiront de la piller avant de l'aider à se détruire de l'intérieur...

      Je continue d'écrire les récits-poèmes d'Ifriqiya dont je ne mettrai ici ni les titres exacts ni les sous-titres pour les raisons qu'on sait...

      A suivre en fragments comme l'est désormais ce continent premier Asafuk!Asafuk! Jour du soleil...

gaddafi

Il a fallu partir...

Akakus 01

 

Ah ! Yurugu… parmi les hommes des peuples d’Ifriqiya qui peut conter l’histoire de l’Empire Songhay et de l’Empire de Gao ? Qui peut réciter l'ascension au pouvoir de Sunjata Keita le fondateur de l’Empire mandingue du Mali ? Chaque homme de la terre d’Afrique a oublié le sens du chant et des paroles du grand tambour tabalé des jeli en haut de la dune rose de Gao qui bat qui bat sans répit : Ir ma koï ma ! Ir ma koï ma ! Venez et écoutez… Chaque homme épuisé de la Hamada al‑Hamra jusqu’au tassili de l’Akakus… de l’erg du Tanezzouft à l’erg Titersine cherche la trace des siens que seul le renard Yurugu le divinateur peut retrouver. Un homme est en train de perdre le royaume d’Ifriqiya et chaque homme du royaume est un voyageur perdu qui ne peut plus vivre et marcher sur sa terre. Qui pour retenir les litanies désenchantées de son errance et de sa dépossession ? Qui sinon un scribe nomade pour prendre en note le récit de l’épopée des derniers guetteurs d’eau d’As‑Sahara ?

LybieItalienne

Il a fallu partir. Ça n’était pas possible de faire autrement. Comment rester à l’intérieur de la petite maison ouvrière du Nord bouclée au‑dedans par la tribu des femmes ? Y a des années que mère tantes grand‑mère se relaient pour l’empêcher d’ouvrir la barrière en bois repeinte bleu lavande du jardin par grand‑père Antonin le conducteur des vieilles locos vapeur. Des hommes du clan qui avaient tous vécu sur les riches terres du Nord où ils étaient paysans ouvriers journaliers aux champs et aux usines il ne lui restait qu’Antonin arrivé un jour on ne savait pas d’où. Il n’avait rien dit mais cinquante années après on le considérait encore comme un étranger un cheminot un de ces marcheurs d’absence que les mangeurs de terre appellent avec le menton les voyageurs. Antonin toujours dressé à l’avant des motrices voyageur du rail affaroucheur d’horizon jusqu’à ce que sa mort les traverse toutes Raouf ! comme un missile rutilant au milieu des touffes de marguerites aux pétales picorés d’écume ensanglantée.

Les femmes elles sont les gardiennes vestales des lieux et surtout de la cuisine qu’elles ont surnommée l’office parce qu’on y fait tout sauf se remplir la panse. C’est la seule pièce où y a pas d’interdit d’avoir chaud l’hiver et d’user l’électricité vu qu’elles sont toutes couturières à domicile et qu’elles y marnent muettes et affairées entourées de petits nuages de poussière rousse. Le clic‑clic‑clic rongeur obstiné de la machine à pédale a remplacé dans ses supplices d’enfance le tic‑tac de l’horloge familière qu’on entend même la nuit. Dans le tissage de ses rêves voyous il ne s’arrête pas. Y en a toujours une au cœur de la tribu des besogneuses assoiffées de tâches à misère pour prendre la place de celle qui va porter les kilomètres de manches des costumes de pâtissiers piquées et cousues entassées à l’intérieur du sac de jute bleu déteint dans la charrette à bras à la fabrique au bord du fleuve. Au retour ça monte un peu et si elle traîne renifler l’air rempli de bleuets les regards des autres troupes de corbacs enchaînées au tic‑tic‑tic métronome lui piquent dessus voraces.itinerant-men-aka-hoboes-waiting-w-their-bindles-to-illegal

C’est ça… alors il a fallu partir. De son départ à Antonin elle se souvient comme du silence brut des locos dessous leur costume de deuil luisant de suie et de sueur qui la renseignait bien assez sur le sort qu’on lui mitonnait au‑dedans de la maison des femmes. Antonin probable qu’il lui a passé la passion des nomades du voyage de tout temps les seuls êtres humains à se mesurer avec la grandeur froide des étoiles. L’histoire des aventuriers des chemins de fer creusant leur sillon gris luisant au cul de la charrue d’acier bonne grosse jument et ses flancs gras poisseux au cambouis et au poussier il la connaissait mieux que les recoins du petit jardin où il avait planté les rosiers de Perse et d’Afghanistan vitraillés de couleurs qu’on imagine pas. Les plus rares leur déferlaient dessus avec leurs grosses fleurs café­‑crème et mandarine qui apportaient les parfums sucrés à l’extase douloureuse des jardins de l’ancienne Babylone. Y avait toujours quelqu’un pour dire qu’il y était allé Antonin à bord du Bagdadbahn à la recherche des rosiers rares de Mésopotamie et ça faisait pousser des cris aux tantes qui caquetaient fort que c’était des pays hors de leurs fréquentations.

 

A suivre...

7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 21:51

Le tailleur de route suite...

Aux mineurs Aux sidérurgistes aux " mains d'or "

 

Toutes les photos de cet article ont été prises par Sébastien Berrut sur les bassins miniers de Lorraine et sont à voir sur son site : www.patrimoine-minier.fr/

 

Merci à lui pour ces images magiques  Nuit oasis 1

 

empoisonner les rats !

j’ai toujours à l’intérieur des fouilles de mon pardessus un paquet de pop‑corn une pomme de l’eau des carrés de chocolat une ou deux tranches de pain sec

je l’ai rencontrée entre deux stations du transparisien enfourné dessous la terre avec la bande des taupards les nocturnes ceux qui commencent ou qui finissent là et ceux qui dorment moulés au plastique pour s’asseoir je l’ai rencontrée pas trop loin de la gare de l’Est le port de la peur où y a toujours des types qui attendent prêts à becqueter des rats depuis un siècle ils ont pas bougé de là

assise sur un strapontin les profondes de sa veste kaki bourrées de petit matosse bien divers ses deux musettes où y a tout le barda qu’y faut quand on bouge et dans celle de gauche qui sortait qui rentrait il demandait rien il vaquait le voyageur clandestin le baroudeur à la lune et au charbon le rat gris ordinaire bien gras un fiston dégénéré de ceux qui radinent au fond des trous manger la soupe aux caillots gras des gamelles

je ne suis pas parti je ne suis pas revenu les galeries du transparisien qui déboulent aux taupinières des gares quand la night déballe son frusquin de lumière c’est là qu’on croise les tire ailleurs qui ont laissé le petit crouton violet des matins majeurs à la consigne quand on est un hobo de la périphérie

le destin fabuleux des rats des quartiers ouvriers bitumés au grisou mijoteurs de lave sniffeurs de poussier carnivore transvasant l’acide des cuves à pleines mains aux doigts de paille s’est arrêté à la station Jaurés y a rien à dire c’était comme on s’en doute le vicieux cul de sac qui a mené à la grande confusion des soutes des supermarchés où gavés avides ils n’ont pas vu venir la mort rosePhoto102-Chevalement-de-la-mine-de-Bassompierre-Aumetz-Seb.jpg

empoisonner les rats ! 

à côté d’elle y avait de la place on pouvait s’asseoir en bonne compagnie du rat qui observait tout de ses calots de jais rubis luisants cavalant comme un falot au bout du quai pour moi qui ne vis qu’en transit c’était la bonne affaire

quand j’ai tiré le morceau de pop‑corn de ma poche il a avancé son tarbouif en reniflant ses moustaches frissonnaient à peine on pouvait voir sa baveuse humide pointer entre ses chicots c’était vraiment un très gros rat il a bondi dehors de la musette et s’est posé sur la cuisse de la fille c’était plus pratique le tangage ça l’a pas dérangé il avait l’habitude on a grignoté sans façons la fille le rat et moi

d’un coup elle m’a demandé si moi qu’avais bourlingué je connaissais le port de Chersonèse et les pierres blanches de Sébastopol pendant que je matais la musette ébouriffée de pages brunes tachées et grifouillées les feuillets des récits de Sébastopol du capitaine Tolstoï et les notes de Sibérie de Tchekov sa baroude en train et en caboteur direction Sakhaline et au retour c’est la dérive de Vladivostok à Singapour et à Ceylan et du Canal de Suez à Istanbul pour rejoindre Odessa

je lui ai dit que j’avais pas quitté Babylone Zero depuis que j’ai été chassé des cathédrales de fonte et d’acier des châteaux d’eau nuagés de roses d’Hayange qui dans la nuit orange broutée d’herbes violettes ont fait gicler de l’or au ras des ciels de toute la vallée et les lampes crissaient voie lactée laborieuse milliers d’étoiles d’ouvrage jamais éteintes dans la fournaise des horizons têtus

comment savoir qu’ils nous chasseraient même du souvenir à trous des rats ?Photo160-Hauts-fourneaux-Patural-Hayange--Sebastien-Berrut.jpg

 

empoisonner les rats !

le rat a pas arrêté de grignoter les grains de pop‑corn qu’il venait chiper dedans le sac en papier où il embringuait ses pattes je voyais à ses calots à haute tension qu’il faisait gaffe les rats ils sont les meilleurs pour la fuite et l’improvisation sans lune sans miroir sans compte à rebours ils se seront tous tirés de là avant que Babylone laisse dégringoler ses murailles sur les arpions de ses milliers de garde‑chiourmes épatés et qu’on fera cuire les géantes casseroles de nouilles avec l’eau d’océan entre les rails  

je lui ai demandé où le rat et elle s’étaient rencontrés et comment elle avait décidé de tailler la route et de s’élancer hobo à la rencontre des trains de ligne les pistes de transhumance sont effacées et les voyageurs réinventent d’autres rythmes et d’autres histoires que ceux des hommes dessous la terre qui maudits ont fini d’être les maîtres du feu

empoisonner les rats !

elle avait le museau gravé avec les signaux rugueux de ceux qui ont bien bourlingué et les tailles fines qui lui creusaient au coin des châsses la peau de la couleur ocre de la boue des grands fleuves buveurs d’autres soleils traqueurs des débris naufragés de lunes maternelles qui remontent vers l’estuaire enchâssé d’arbres aux pieds marins

ses pieds nus aux ongles recourbés griffus taillés d’écailles turquoise du grand lézard à l’intérieur des naïls qui ont brûlé la route recousues d’un gros fil rouge aux semelles de pneus semelles de sable et de poussière marcheurs de lave il faisaient les furets par ici et par là                                                                                                      

elle a regardé mes mains d’ouvrier elle a eu un petit rire et elle a dit

écoute avant de crécher là où les brasiers de météores métal sont nos totems alignés et où on refile aux gens des costumes de rien fluo pour toute une vie je le sais ce qu’on ressent quand on arrive pas à courir assez vite hein…

magine un peu l’hérisson aux quinquets phosphore brouteur d’asphalte à pattes… c’est l’époque du pollen sous mes talons la marque d’or jamais elle lâche sa proie de lenteur… alors c’est l’époque où je joue le rôle de la proie à l’intérieur du terrier d’absence défensif Rimb’ l’a débobinée entière l’histoire hein ? 

alors y a plus rien à écrire même avec l’eau de la rosée on peut pas… le temps du spectacle à l’avant‑scène des tueurs de singes nous a défigurés…

avant de connaître les traqueurs de rats j’ai déjà trop dit… j’ai rapporté des choses c’est danger ! une gare du Sud où je colporte des histoires racontées par un poète d’Alger ébavuré les coups de surin l’ont ensoleillé à la fin d’août… ce sang n’est pas le mien !Inscription-sur-un-mur-Mine-de-Tucquegnieux-Sebas-copie-1.jpg 

elles étaient trois les laveuses d’infamie à la descente du train trois gargouilles maudites cherchant leur bouc… si moi j’en savais quelque chose de leur façon de mise à mort grotesque efficace dégommer la tête ! t’effacer ce qu’ils ont fait au poète d’Alger lui ont coupé la chique… muselé son clapet ravalée sa bafouille à poésie muselée sa bavarde son grelot d’or danger ! mieux que la kalach le taser le planteur ! calfater un griot c’est le tuer sans se salinguer les paluches hein ? elles me l’ont répété encore avant de me faire la peau… ce sang n’est pas le mien !

hobo des voyelles un peu rameur aux rimes passagères y a des piges que je trime sur l’affutage d’une voix de traverse rasoir aux mâchoires du renard roux à l’affut… j’ai lâché les chiens de mots sans pertinence au milieu des rentiers et des tenancières de bastringues d’Afrique débarqués là pour faire affaires en littérature de gare…

elle a éclaté de rire un rire qui tisonnait la peur il en restait plus que des cendres le rat a fini de se remplir la bedaine et il la surveille en roupillant d’un œil qu’on loupe pas l’arrêt des fois mais y restait trois stations alors elle a continué

un soir il a fallu que je me farcisse une pièce de théâtre infâme du lâcher de corbacs sur un camion à blé la curée l’orgie la même à chaque fois qu’on refile aux gens du spectacle de bijouterie avec de la verroterie qui a bradé le soleil et des drapeaux torchons essuyant le  derche des rois dans une bibliothèque à papiers moisis… ça y reniflait fort et tant les amis rancis frangins gardiens repus des poètes morts un de ces bastringue où on croit venir glaner de la culture populaire et des boulons émeraude cailloux des gueux taillés pour nos frondes… un soir j’ai failli me faire pendre…Telepherie-transport-du-minerai-Bassompierre-Aumetz--Se.jpg

empoisonner les rats !

hobo arrêtée par les signaux du renard dans cette gare traversière toujours j’ai écrit des rogatons sur du papier de boucherie… je me suis pas méfiée des mots de culture à toubabs de ceux qui te hantent vampires au grand jour des salles électriques ta gorge de hibou soie et tes costumes frileux d’araignée à brume filante…

le blé est empoisonné dans leurs poches mais au début on le sait pas c’est tout…

dedans la cave du poète d’Alger ils y sont tous passés ceux qui allaient le clouer sur sa paillasse… gougnafres ils ont refilé à leurs héritiers le goût à répéter le rituel sacré couleur de sang et puis ils sont allés partout répéter non ce sang n’est pas la mien !

c’était un soir d’été qui se dénudait écarlate avec des pépites d’horizon à ramasser les quinquets rimmel de la nuit à la fenêtre… c’était mon heure d’errance ma passion hibou décollage au ras des rues fallait que je parte et on m’a demandé de dire un mot… un mot oui mais lequel ?

me voici spécimen d’exote mûr à point et il est temps de tailler la route hein ? ceux que j’ai aimés ils avaient radiné de très loin c’était des gens de parole qui judacent pas et je croyais que les laveuses de macchab’ appartenaient à la tribu alors j’ai dit ce que j’avais sur le bout de la baveuse et j’ai senti mon vieux pote de rat blanc et noir au nez rose que je trimballe partout se recroqueviller au creux de ma profonde… j’ai fourré mes doigts et les ratiches de Ravachol ont agrafé mon index du léger comme pour avertir… je suis son unique issue de secours…

même un mot des fois y vaut mieux pas y a rien de tel qu’un mot pour déchaîner la haine des sots et pour qu’ils sautent sur l’occasion comme Ravachol sur les petits bouts de fromage…

empoisonner les rats !

le soir de l’affront mes frangins d’Alger ont des mains d’ouvriers aux abattoirs autour d’une assiette de lentilles thaïlandaises… on me somme de fournir une explication manger avec des gens qui font passer le goût pour la guerre avant celui des lentilles ça veut dire qu’il faut avoir le sens de la fuite et des semelles de papier à cerf‑volant j’ai de l’insouciance en pagaille…

le poète vigie d’Alger sait qu’ils ont toutes les armes de leur côté ceux qui racontent qu’écrire c’est un job sans pesanteur un job d’oiseau quoi et ce coup‑ci y aura personne pour dénouer le fil qui lui serre la gorge qui va l’étrangler lui l’étranger lui retirer les ailes…

les trois laveuses sont là se tiennent debout aux portes de l’infamie elles sauront emmouscailler les journaleux… les mots c’est comme l’encre c’est lourd ça traîne au fond des poings fermés il en reste toujours un peu tiens ! si ça vous dénonce les paluches sales on est repéré tout de suite alors tailler la route ! ce sang n’est pas le mien !

 

empoisonner les rats !

il s’appelait Ravachol c’était un spécialiste en grignotage de romans russes un peu archaïques les romans russes sont de grands fleuves irrésolus il avait une préférence pour Tolstoï… avec Guerre et Paix il pouvait tenir tout le temps de l’hiver à Vladivostok… 

c’est Tom un hobo du Transsibérien qui me l’a refilé on s’est croisés sur un quai Gare de l’Est à son retour de Vladi… il revenait d’Okinawa l’île où les oiseaux ne vieillissent pas et une fois rejoint Séoul il a troqué son passage à un docker Mongol contre trois bouteilles de Vodka embarqué à Sokcho sur un cargo transporteur de bois frais…

direction l’index de turquoise liquide du Bosphore oriental pointé vers Zolotoï Rog à Vladi il a traîné entre les entrepôts aux chicots rouillés sur le port des heures il a marché… il s’arrêtait seulement aux cabanes à roues pour se gaver de pirozhki au chou et avaler des litres de bière où nagent des crevettes il ne voulait pas rater ça…

Vladi c’est l’Orient du froid avec des quais qui en finissent pas quand il en avait bien marre le petit tramway jaune et bleu le larguait à la Gare qui ne va pas plus loin… on peut se laver aux fontaines de céramique verte les pieds des hobos et des poètes ont besoin d’eau qui désaltère l’oubli… Photo064-Batiments-sur-le-carreau-de-la-mine-d-Auboue-Se.jpg

dans les wagons du Transsibérien y a de l’eau chaude aux robinets de cuivre des gogues de luxe mais lui il partageait un puceux de 3ème classe avec un vieux cantonnier qui avait sa claque de balayer les rues d’Ulan‑Ude à cause du zeph qui remet les choses à leur place et tu n’en vois pas la fin… il a refusé de bazarder sa brouette rouge il ronflait dedans les soirs à Vodka alors il a fallu l’embarquer et aussi avec le grand compas et le nounours d’astrakan à peluche anthracite son héritage de l’époque qu’il était ingénieur à la fabrique de textile Krasnoë Znamia de Leningrad la Rote Fahne… 

planquer des litrons dans ton pieu même en platskartny la classe des gens qui ont du mal c’est interdit alors ils acceptent de voyager dans l’odeur des gogues et du thé noir longtemps Tom et l’archi cantonnier Nestor et le rat… à chaque arrêt du Transsibérien ils ont tenté de s’embaucher dans les cirques ambulants mais malgré la dégaine de Nestor et son récit de ce qui l’avait mené de son activité dans le constructivisme soviétique à gratter les routes avec un vieux balais de paille ils sont arrivés à rien du tout… Photo133-Chargeuse-Eimco-a-air-comprime-Mines-de-fer-d-Hu.jpg

A suivre...

4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 16:51

Limaille des joursA la chasse copie

A Louis

Dimanche, 31 août 2014 Les pensardines 1 détail 2

 

quand je vois ta moue triste et angoissée d’enfant

ton menton tremblant je me souviens de ces heures

écrasées de bruit de chaleur de doigts courant

de pieds tapant de cris de puanteur les corps

traqués par le métronome des instants morts

où bat le sang des vies que le turbin leur vole

quand je vois tes yeux déchiffrant la trajectoire

de l’oiseau buveur de matin chimères mûres

je me souviens de Sylvain journalier des champs

qui n’a jamais vu bleuets ni coquelicots

et le rire édenté d’une ancienne gamine

de sept ans accroupie parmi les araignées

les fils de couleur hurlant lui tissant leur toile

je revois les oncles sortant de l’atelier

polissage tournage peinturage fiers

leurs visages emmaillés d’or d’argent de ferLes pensardines 1 détail

imbibés d’oubli dedans leurs boyaux ardents

dans les filatures du Nord le torse noir

et nu des hommes qui halètent et qui cherchent

en vain le ciel à travers la buée des cuves

de teinture s’égouttant fièvre de rosée

leur peau semblable à celle criblée au fouet

des esclaves du coton o ténèbres bleues

hier nous sommes partis pour réenchanter

un monde de mangroves nocturnes et douces

aux jeune pêcheurs partis pour les empêcher

de faire de nous et des enfants de demain

les compteurs fous de minutes interminablesFemme de mineur

pour les empêcher de passer nos rêves graves

dans le tamis étroit de leur vision d’insectes

et de retenir l’eau insouciante des sources

sous les replis voyous de leurs costumes gris

mais nous n’avons rien empêché du tout enfants

nous sommes restés au bord d’un désir en friche

et la machine a mangé ceux que nous aimions

quand je vois ton visage triste et las je songe

aux minutes usées au coin des salles sombres

dessous nos paupières poursuivant les empreintes

des chats hautains sur la neige des jardins roux

tout en haut d’une cité de lune turquoise

à la baleine qui va plonger plus profond

jusqu’au palais secret d’anémones obscur

riant au nez des fabricants de rouge à lèvres

retenus pas le peur des guerriers de corail

je songe aux soirs saignant de cent plaies d’horizon

et à l’armure légère des voyageurs

vêtus de parfums rares ceux qui ont laissé

au vestiaire la cote rouillée de sueur

des soupirails d’enfance où pétille toujours

en frisson buissonnier la limaille des jours

 

Le-maire-au-lance-pierres.jpg

24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 22:59

Léo la fête aux vivants

Dimanche, 24 août 2014Léo

 

ouaouf ! des fois on se demande hein ?

24 août 2014… 24 août 1916 naissance de Léo 98 balais que ça t’aurait fait aujourd’hui Léo mon frère de sang et nous autres alors désormais comment qu’on se dépatouille avec ce lustre néant et total cornichon celui d’après le plus plombé le plus crasspet le plus massicot à barbaque qui soit lourdingue en diable ah ouiche… comment qu’on fait pour la prendre sur nos endosses la frétillante la chansonnette à Rimb’ que t’as pas cessé jusqu’à la dernière de faufiler entre les mailles à lumière de ton piano ?

ce matin à l’ouverture du poste Requiem de Berlioz enregistré en 1989 dans la cathédrale forêt tropicale de Köln pour fêter la révolution française de 1789 t’y crois toi Léo hein ? ouais y a des fois où on se demande pas vrai ? toi mon pote l’anarchiste qu’a mis les voiles un 14 de juillet pour nous faire forcé la pirouette à Guignol je t’imagine paluches levées en face de la tribu des pingouins à musique parés à se la refaire la grande messe des morts bien solennelle pour cette fête des vivants bondis jaillis enfin de leur trou d’ombre à misère ah ! ouiche… 

ça n’est pas la musique qui dévore les murs de l’enceinte interdite aux rebelles obscurs et cuit les rues où bouillonne son tison liquide architecture de lave levée bulles crevant au bord des lèvres baisers incandescents de silence gargouillements couperets de pierre ce sont les voix les voix des hommes défaits à qui on a pas dit sauf toi Léo et les autres goualants des cours des caves des bicoques ruinées au bout des routes qu’on traque que poésie c’est la fête à la vie

qui peut arrêter le souffle trompettes fourneaux de lune plus libre que l’air vif vert de la nuit des peuples hurlant la joie murant de salive la porte livide des abattoirs des tribunaux militaires aux mâchoires mastiqueuses de brume rosée mastiquant l’entrée des quartiers sécurité où des chiffons pendent des gorges muettes ? ouaouf ! qui peut arrêter l’appel des trains de ligne quand les chiens à leur bord dévorent de leurs canines nues toutes les terres humaines plutôt que de se rendre ? les trains où les hommes farouches sautent en marche agrippent la paille de bois des plateformes et jettent par‑dessus bord leurs nippes d’esclaves appelant le petit jour de son nom de passeur fulgurant

ouais ! qui peut nous empêcher de monter en route hors des gares nos godasses gavées sur les marche‑pieds plaqués du sang d’or mouvant des mangroves femmes et hommes d’argile qui marchons toujours

les voix en transe débordent la lumière des tilleuls arrêtée qui couine aux clairières un temps hors de ce temps Ouaouf ! on se décale encore un pas de côté pour sortir de là et se retourner vers la bonne trajectoire celle qui part de Charleville et grimpe dans la poudre bleue des verrières du chemin la même que le vieux buveur d’absinthe chasse cinquante piges plus tard d’un geste de la main sur la table du bistrot couverte de feuillets que personne ne réclame et la suie les efface les voix des poètes se sont tues qui dira combien on vous a mal aimés

des fois on se demande 1789… un autre pas pour sortir de là nous sommes des créatures d’argile petit bataillon de boue bavurée de métal la danse est de rigueur nos armes vont virer de sens délivrance blessures pansées marche arrière tout ce sang n’a pas coulé dans le mitant doux des rivières on s’ébroue enfin on a faim de mies de pain semées sur le bord de la voie lactée

 sauvages nous étions Léo avant que tu ne nous apporte des fruits des fleurs des feuilles et des branches on en a fait des paillasses parfumées où on s’ébroue à la night dans nos cocons d’émeraude avant de fermer nos yeux hiboux et de nous égarer loin au bout des rails où tu nous as laissés

en haut les voix traversent Oh là ! les frangins Oh là ! c’est l’heure du refus et de la fête Oh là ! ta voix Léo sur mes trottoirs pianos d’hier ma nostalgie comme c’est extra tu sais…comme c’est extra 

20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 21:40

Le tailleur de route

Dimanche, 17 août 2014La fin

 

empoisonner les rats !  

j’ai toujours à l’intérieur des fouilles de mon pardessus un paquet de pop‑corn une pomme de l’eau des carrés de chocolat une ou deux tranches de pain sec c’est la ration de survie on l’emportait avec mon vieux à chacune de nos descentes dans les galeries abandonnées des mines de Longwy

on l’a échappé belle ! ils ont imaginé de remplir d’ordures les galeries souterraines et puis de bétonner la sortie et l’entrée le feu ne couve plus ni en dessous ni au‑dessus les émaux bleus ont vitrifié l’oubli

armé d’un burin taillé dedans la peau d’acier des canons de 305 du Potemkine qu’un ouvrier aux aciéries du tsar a perdu dans la neige où luisent un certain dimanche à St Petersburg les grelots sanglants des chevaux cerise sur le poitrail qui étincelle des enfants sans tambours

je suis venu poser une question au grand enchanteur des rats

qu’est‑ce qu’on peut faire quand le monde n’est plus qu’une géante souricière quand il n’y a pas un type par ici enroulé à l’intérieur de sa misère rouge son haillon de chemise qui claque au vent qui dise de tailler la route

les héros de la marine il y a un siècle bouffeurs de vers d’Odessa hier ont redescendu l’escalier les vers dévorent leur chair bleutée tomates de Crimée sur les champs de Sébastopol par milliers leur peau est douce soldats marins paysans poussent entre mes doigts vos figures oubliées

parmi les manteaux blancs des affameurs d’Odessa on presse des tirailleurs à la peau d’ombre sang violet d’Afrik volé parfum d’orangers dans les soutes on crève notre sang est noir chantent les matelots du Jean Bart la houle remonte aux lèvres des esclaves utopie brèveQuais-a-Odessa.png

armé d’une linotype fondue dans l’acier des coucous cubains de la Playa Giron celle où Rirette corrigeait les bourdons des canardiers au turbin des marbres froids je suis venu et pourtant il n’y avait rien à dire

rien dire rien écrire rien faut comprendre le temps où je jurais d’enfoncer le fruit du sacrifice profond dans la gorge des fabricants d’offrandes et de pain d’or est mort

écrire sur notre chaos braillard notre décadence nos nécropoles à force ça devient obscène je déchire mes gants et je les jette à tous les voyeurs d’encre plus de doigts entaillés pour rechercher à la casse la première lettre de leur blaze

on a griffuré tant de pages pour nous rendre dociles déchargé dans les marges nos ombres de tortues ravaudées à l’absence le vieux poète nègre sait sur le fil qu’il avance à l’envers de leur culte du bruit coulé comme des dalles au terrier des oreilles

pour l’angoisse des lapins chapeau ! et pour la mort qui avance à pas futiles de visiteur de l’aube dans la goulée ardente du four à combustion des volcans je vous tire mon chapeau !Potemkine.jpg

 

empoisonner les rats !

les ouvriers du labeur n’ont pas appris que la seule issue qui vaille au travail c’est d’avoir les bons outils et du bois de nulle part pour tailler la route au fond ils vous ont jetés avec l’éclat tanguant des pivoines orange comme un fracas cabré

pas de fuyards dans les galeries d’ambre noir au creux des veines obscures le salaire est un caillot une berceuse au poumon le rat de votre courage est friand de pain rassis ils ont versé dessus vos corps l’or livide de leurs consciences aux petits cristaux fondus gelés de mort rose

empoisonner les rats ! 

tous ceux qui errent dessous la terre camarades généreux partageant pour d’autres la chair ardente de la vieille cavale désaltérés à sa sueur boivent à la source splendide de l’espoir commun l‘amertume et la grandeur fragile de la lutte

une moisson d’incendies à commencer sitôt sortis des corridors d’Anubis où les charriots de l’enfer roulent tout seuls chargés des dépouilles de paysans et d’ouvriers privés de sépulture dans la salle des pendus une récolte de chaussures que personne ne mettraLa-Fensh-Vallee.jpg

empoisonner les rats ! 

tant qu’il y aura un homme nous veillerons à ce qu’ils aient un bol d’eau pure et de lumière fertile sur la margelle du jour tant qu’il y aura un homme nous veillerons

armé d’une pierre prise sur vos tombes fraîches où poussent déjà la menthe et le lin je suis venu cogner à la porte des soutes des frigos des réserves

eh là‑dedans ! vous êtes encore vivants ?

canailles ils n’ont jamais eu la parole c’est l’enchanteur qui parle pour eux du fond des flûtes ripaille !

comment dire désormais au grand maître des rats de creuser une sortie de secours et de tailler la route au large des soutes des galeries des existences misère sans costume de rechange des pointeuses qui mettent au point la mort à petits coups de douleur rose

empoisonner les rats !

depuis le temps qu’ils ne rêvent que de ça tous les échappés des bagnes à poussière le savent leurs noms s’allument à la porte rougie de Babylone après que l’aube ait cerné de rimmel suie leurs paupières lourdes tailler la route c’est la seule façon de déjouer le sort maudit des hommes rats

dynamiter les bétaillères faire chauffer les casseroles de songes tremper mes doigts dans de la poudre de lune et laisser nos empreintes laiteuses sur les murs blafards pas dire pas écrire filer en douce la toile d’un désastre éclair juste me farcir un tronçon furtif pas tarifé

défricher le bitume à la houe d’acier bleu d’une piste qui trace dehors du ghetto affiché complet sa mitraille et ses explosions placardées dessus nos vitres oracles pagaille ! on attend que le petit jour s’accroupisse frissonnants

empoisonner les rats ! la nourriture est le meilleur moyen de mettre le monde au pas mais il nous pisse un monde violet d’agaves hérissé de craquements on tiendra le temps qu’il fleurisse et nous ravitaille

soudeurs d’arc‑en‑ciel hiboux sidérés d’épis en fusion c’eminieredescoulmies.jpgst la guerre ici chaque jour et la neige nous efface de la mémoire souveraine des rats de leurs moissons urgentes de leurs pains chauds posés aux tables des jours de grève

on ira on ira on ira jusqu’au bout bouillonnant de nos beaux draps livrés aux rivières contre un festin de rosée et d’impatience

 

empoisonner les rats !

on l’a échappé belle ! ils ont imaginé de les remplir d’ordures et puis de bétonner la sortie et l’entrée le feu ne couve plus ni en dessous ni au‑dessus les émaux bleus ont vitrifié l’oubli

les mineurs du fer savaient ce qu’ils cherchaient désormais le fond est bourré de concrétions d’océan berlingots de verre égouttés là tout est conforme aux prédictions des tables d’argile effritées doucement par le piétinement des rats au poil roux aveugles dont le museau s’est allongé

glissant frottant les rayons de miel jaune le long des murailles ruisselle le lavis turquoise des eaux montantes l’exhaure n’en a pas fini l’exhaure revient remplir leur godasses sucrée comme un soleil dans la gorge des ogresses arrive la nuit ! arrive ! de Bassompierre à Hayange Bellevue un long tuyau orange pendues les gouttes de sel bleues beauté royale les tombeaux de safran n’ont pas échappé à AnubisMine-de-Longwy-Jean-Marie-Vaillant.jpg

 

empoisonner les rats !

les berlines aux haillons mauves sont des berceaux d’enfants morts des jouets éventrés en l’air leurs roues de rouille qui fantôment le hurlement des rails rougis aux déferlantes des draisines inconcevables sculptures ouvrières qu’on n’a pas voulues mémoire momifiée d’un monde vif rugueux violent

 

 

 

 

                                                  Jean-Marie Vaillant

au bout des galeries les supports rouillent un petit jour boiteux frappé de cécité au milieu des branches de Coulmy il taille la route c’est pas demain qu’on l’y reprendra à se faire suer la‑dedans les failles de rimmel turquoise qui chevauchent à cru les cavales des grottes ne l’épatent plus il connaît ça il se rend nu foudroyé il marche dans l’eau d’écoulement la terre jaune aux genoux

petit jour ! petit jour ! vert maintenant il roule ocre il se frotte aux parois qui appellent jurent des hommes ! des hommes encore ! les bois couchés du ciel retiennent la terre à l’envers c’est un territoire effaré d’arcs‑en‑ciels poudreux que le jaune soufre cloue aux nues

 il n’y a plus rien d’autre que de la couleur tout est couleur ici en‑dessous couleur la mémoire des hommes exploités couleur la chair lancinante qui ne connaît plus la fin des heures couleur la maison de l’hiver infernal où on habite pas et ses rues carrées par‑dessus la tête

couleur les puits lapés par les langues immobiles de pierres demain ce sera une opale bleue et nous serons les écumeurs

venez les mousses crépitantes et les blanches rumeurs salines des peurs humaines vaincues ! voilà ce qu’il reste du grand courage voilà !

stationfunisenelle-1982-Richard-A.-Bowen.jpg

 A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                 Senelle 1982 Richard. A.Browen

17 août 2014 7 17 /08 /août /2014 15:19

Hobos du sensGhat

       “ Les mots sont comme des œufs. A peine éclos, ils donnent des ailes. Si tu ne le sais pas, ta langue se détachera. ”

Gianni Guadalupi, Préface de Sahara regards sur l’immortalité, 2009

 

c’est en tombant au hasard des dunes d’As‑Sahara sur la phrase jumelle qui me colle parfait aux paluches et en écrivant gribouillant les notes fragments pour le Cahier Céline l’exemple de ma façon de marcher sur les œufs des mots de rebondir d’un texte article poème bout de chronique ou de récit l’autre et de n’en pas finir surtout jamais que je me suis dit que les Carnets de Route vont témoigner obligé des pistes d’écriture des cairns qu’on m’a mis aux croisements sans pitié et des erreurs d’errance que connaissent les voyageurs aussi bien que des tentatives abandonnées des va‑et‑vient entre les parois lisses d’inconnu des petites combures qu’on allume à la night quand il est pas question d’aller se pieuter parce que j’appartiens pour sûr au peuple braillard des oiseaux de nuit.

parce qu’il y a bien une cause première primaire une goutte d’eau originelle qui a alimenté nourri la soif fabuleuse celle qui ne s’est ni tarie ni atténuée à la naissance constante presque de ces pages de traces ces bouts de toiles de bois de carton ces morceaux de terre marqués gardés précieux comme une carte qu’on dessine chaque jour d’un territoire qui sitôt découvert s’épuise alors jetés abandonnés et que c’est peut‑être juste la quête de cette soif‑là qui fait continuer

parce que prendre note sur les carnets toujours à portée ces ostraka de papier quadrillé que les gaziers qui croient avoir été missionnés scribes d’un monde rompu un sac à miettes qui se cause pas qui s’écrit pas accumulent et dispersent je ne le fais pas en raison de mille raisons qui s’étirent du découragement jusqu’au dégoût de témoigner du pire et au tourment d’y faire entrer l’épopée et la grandeur mais sans elles les mots sont des charges de plomb et des pierres d’âge

pourtant si c’est pas comme ça que ceux qui sont des météores ordinaires avec la conscience du spectacle qui les guette aux mirettes sur le Carnet de Route quotidien de la marche solitaire des peuples là où ils sont et là où ils vont se débrouillent à faire exister l’histoire et la destinée des hommes simples qui ont leur trace mêlée à celle des autres et aussi ailleurs dans le grand lointain ?Tam 62

et ce qu’on en peut nous autres abreuvés au lait de force des nourrices songhaï les filles des déesses du premier océan ? ce qu’on en peut nous animés de la conscience des présages d’Ogo le jumeau d’ombre et sa face solaire Yurugu le renard pâle nous les passeurs de paroles de Nommo le génie silure porteur de la soif qui ne tarit pas et de l’eau demeure fertile sinon noter ce qu’y a à voir au fond du chaos des mondes perdus que nous sommes au milieu des foules démentes réclamant à leur heure leur offrande de sang frais pour l’interminable ordalie d’images de ruts imbéciles et d’orgies vulgaires

quand on a commencé à se frotter aux mateurs de miroirs que les toubabs ressortent pour la nouvelle mystification astiqués et techniquement modernes eux qui croient qu’ils causent au nom des peuples qui ne savent ni lire ni écrire les langues des maîtres et de leurs bouffons littéraires mais la parole des Jeli en toutes oralités d’Afrique leur est familière on a emprunté la piste d’exil qui fait le tri et qui sépare. ce qu’on voulait nous autres pour sûr se relier à la part d’histoire authentique la part commune des peuples dominés humiliés désenchantés dépossédés d’eux‑mêmes

nous les lascars des classes sociales aliénées on a été si peu nombreux avec notre démarche liminaire à ne pas prétendre au trône des grands diseurs de l’idéal de mort qui se sont glissés habiles costumes scintillants de défenseurs des vérités essentielles celles qui échappent aux gueux toujours dont ils sont les héros sortis des coulisses du théâtre au moment où les gourous politiques ont fini de refourguer les richesses de l’histoire africaine aux fabricants d’aventures et les richesses du sol d’Afrique aux pompes à fric

si peu nombreux à refuser la toquarde la magouille sournoise d’une langue factice et ses ficelles l’engrossée de ses imageries spectaculaires menteuses qui flattent l’ignorance du grand trimard de la marche des Jeli et des territoires de rêves sauvages traversés de sens cosmique efts-adrar tamentitnsemencés par leur patience gourmande qui dévergonde. si peu nombreux à réclamer le droit coutumier des peuples de choisir leurs griots dehors des chemins des écoles des bagnes à culture des gourbis d’alphabêtes qu’il faut pas qu’on s’étonne de se retrouver largués solitaires virés poussés en bas par les lézards les fileuses les poucaveurs qui l’un après l’autre ont pas pu rebecqueter la liberté du renard pâle et l’ont renvoyé sur la route de la Babylone heureuse la mère de tous les ghettos

si peu nombreux à décider d’être des hobos du sens et de ses lignes de mire qui se défaussent d’horizon des voyageurs de la soif des guetteurs d’eau inaltérables alors la durée et la nature de nos transhumances et de nos quêtes on en cause dans le vent sachant qu’y a pas de raisons qu’on nous reconnaisse qu’on nous nomme laboureurs d’errance tailleurs d’arbres à paroles éphémères vu qu’on a l’enthousiasme et la jubilation aux paluches et la totote farcie d’expérimentations d’art brut et de poésie buissonnière

et tous ces Cahiers ces feuillets à barbouille que j’entassais les pelures grasses tâchées bourrées raclées les expériences des vernis trop cuits pas assez les résines collantes à perpette ou qui ont fait vitres de couleur les glacis d’émail louches aux outremer des brumes aux vermillon rancis boursoufles et crevasses des obscurs les heures marquées rouges au petit trait des gribouilles de plume si je sais aujourd’hui ce qu’y faut faire avec et je déchire lambeaux pour les coller dedans les pages des Cahiers de Route comme ça ils m’encombrent plus alors ! je sais qu’ils manquent ah c’est vrai ! un manque physique pareil que le parfum des roses du premier jardin rien de plus rien de moins rien d’autre qu’un moment de la vie

sans doute des fragments du réel comme les Cahiers de prison de Céline c’est une question de survie quoi ! vrai pas sûr que la situation d’aujourd’hui qu’éclaire du coin de l’œil du hibou un monde qui nous débecte et une condition humaine avide de chaos soit en train de fricoter avec la folie qui le faisait écrire des bafouilles terribles on a des traces de la méchanceté de ceux qui pensent bien. noter les pensées désenchantées du hobo que la route rassure et retient sur ses gardes aux battantes du sommeil des gueux c’est ma façon pour pas me perdre et refiler aux fils d’Ura s’ils veulent reluquer par là un fourniment de traces dont on ne voit pas le bout au‑dehors des murailles où ils sont verrouillés et retenus sacrément abrutis

pour moi ça a commencé à 12 piges l’enfermement dans le bobinard à sauterelles noires trifouilleuses d’obscène qui ne s’en prennent pas qu’à la peau le Stalag Notre‑Dame des AngeYassan-Deco-par-des-femmes.jpgs pensionnat religieux à 400 kilomètres du gourbi c’est là qu’on m’a mis gentil sur la route de l’infernale solitude d’enfance. pour une scène initiatique à la soif d’écriture c’est la bonne on peut pas rêver se faire carotte de l’insouciance par ses vieux d’une façon plus reptile y a personne qui se doute aux alentours et la peau d’abandon quand on la perd après elle emporte les traces ce qui reste au fond c’est le goût salé de l’exil qui remonte et qui donne le désir d’art brut dont on se passe facile à cet âge

en fait on pige assez vite que ça ne commence pas vu que l’exil c’est pas du vidage de rapport aux autres ça se passe à l’intérieur de la viande c’est comme ça qu’on est ce qu’on y peut ? alors l’écriture rapplique brutal art brut de la séparation comme un diabolo qui fait ressort dehors de l’enfance où on ne pourra pas jamais retourner avec sa mémoire du spectacle tréteaux et planches où la family life déballe ses promesses d’attache mais y a rien autre que baratin la leçon cruelle qu’on se carre on oublie pas dans le même sac la tribu le clan la patrie l’état sans eux !

Cahiers de prison notes d’exil et de voyage dedans pareil que dehors l’écriture des hobos de la vie c’est l’expérimentation pas ordinaire du monde et c’est juste ça que les commerçants leurs larbins leurs banquiers ne calculent pas pour ça qu’il faut tracer la route là où ils sont pas se lever leur laisLapin-dans-l-oreille-copie-1.jpgser aucun pouvoir d’interdire de piller de désenchanter ! y a pas un temps plus dur de griffer à mains nue que celui qui s’est pointé pour saboter la cérémonie du sacré commun les troupeaux de financiers l’ont sapée costumée banale vulgaire retirée ses rituels ses griots ses passeurs outrepasser leur race à rapine rejouer l’épopée qui fulgure au creux de nos jours !

les ouvriers maçons d’Afrika qui ont posé dans l’esgourde géante de pierre de Mandela un petit lapin rigolard sont mes frangins de sang camarades de route hobos croisés là où il en reste pas lerche de notre histoire griots muets ils ont filé aux peuples en désarroi un arçon à reconnaissance fanal pour rire dire qu’on appartient nous autres au monde facétieux qui fait pas révérence pas prêt d’être récupéré et personne qui les en empêchera